LE CYCLE INFERNAL DES VIOLENCES BANALISÉES ET DE LA SOUFFRANCE TUE

1) Qu’est-ce qu’un cycle ?
Une sorte de boucle, dont les éléments qui la composent (ici la violence & la souffrance) sont tour à tour cause et conséquence, entrainant ainsi la répétition mécanique d’un schéma clos.

2) Pourquoi celui-ci est-il “infernal” ?
Parce qu’il est réellement destructeur, s’auto-légitime, laisse des séquelles, à un cout, n’offre aucun bénéfice à ses protagonistes, se transmet de génération en génération, etc.

3) Par où commencer ?

  • D’abord reconnaître les dégâts innombrables, souvent durables, parfois traumatiques et toujours collatéraux dont j’ai fait l’expérience dans ma propre vie.
    Car voir la puissance de l’impact de ce schéma et en être las, est la seule option pour avoir envie de passer à autre chose.

  • A partir de là il s’agit de revisiter mes conditionnements, peurs & croyances ; en me demandant : “Quel est mon propre rapport à la souffrance & à la violence : celles que j’expérimente directement comme celles dont je suis témoin chez autrui ?”.
    En observant comment je me relie à ces épisodes vécus, comment je les décris, ce qui me maintient prisonnier.e du schéma apparait. Reste à trouver ce que je peux faire à la place...

4) Comment faire autrement ?

  • Cesser de participer à un système toxique, aux effets secondaires indésirables reconnus, c’est entrer en terrain inconnu. Se comporter, répondre et se positionner de manière plus constructive pour soi devient alors le défi : poser des actes nouveaux demande d’embrasser l’appréhension du non connu… sans aucune garantie quant au résultat.

  • Et comme nous sommes des êtres autant craintifs que créatifs par nature, la confiance en soi, la pratique quotidienne et le soutien d’alliés seront donc nécessaires pour rompre l’ancien schéma & s’autoriser de nouveaux chemins. Le cycle infernal nous poussait au-delà de nos limites, la voie de sortie nous invite, elle, à les reconnaître pour les respecter.

5) Déconditionner nos réactionface à la souffrance comme face à la violence

  • Lorsque nous sommes vulnérables (épuisés, stressés, à fleur de peau, sous pression, inquiets du regard d’autrui, décontenancés par des paroles ou un silence, etc) et que nous nous forçons à tenir bon en puisant dans nos ressources au-delà du tenable, nous sommes en danger. Un danger réel mais souvent ignoré ou minimisé, voire carrément nié : celui de retomber dans le cycle souffrance-violence-souffrance qui mutile la vitalité, en soi comme autour de soi.

  • -, il est nécessaire et carrément urgent de s’arrêter, de s’extraire, pour regarder, observer, reconnaître et nommer la réalité de ce qui est expérimenté là. conditionnements, loyautés & compromis nous poussent plus ou moins consciemment à faire

S'arrêter et s’extraire, ne serait-ce que quelques heures, une demi-journée, et plus si possible , pour vidanger la charge émotionnelle encaissée, avec ses relents étouffants (de honte, culpabilité, rage, perte de sens, dépression, aquoibonisme, etc).

S’arrêter, s’extraire, un instant déjà, pour regarder le programme à l’œuvre et voir ses leviers de manipulation/motivation. Qui sait ? Peut-être sommes nous encore capables de nous déprogrammer, de nous réveiller, un peu, pas à pas ? Peut-être avons-nous le potentiel de transformer nos modes d’être comme d’interagir (avec collègues, publics, tiers, proches, intimes, inconnus, etc) installés et déshumanisés, justement parce qu’ils nous font violence et créent en nous de la souffrance. qui parfois devient violence.

Lorsque l’écœurement face à notre propre maltraitance, face à notre tolérance pour l’intolérable, devient insupportable, quand notre silence se fait complice d’actes que nous ne cautionnons pas au fond, quand la pression de la peur ou le poids de la fatigue ne nous masquent plus nos incohérences de fond, quand faire semblant que ça va encore coute trop cher et nous met en danger de maltraitance envers nous-mêmes comme envers celles et ceux qui croisent notre trajectoire…. que reste-t-il à essayer, à tenter, à oser, à incarner ?

Il nous reste la voie de l’authenticité radicale, pas celle de la CNV qui cache sa violence passive-agressive derrière un système OSBD, pas celle des Guru préoccupés par notre karma à des échelles de temps qui dépasse l’urgence du moment présent, etc
L’authenticité radicale est simple mais pas facile, elle nous fait peur, car nous continuons, malgré le bilan effroyable omniprésent, à faire confiance à notre mental stratégique qui assure que cela nous mettrai en grand danger ! Mais n’y sommes nous pas déjà ??? En grand danger !

L’authenticité radicale n’a rien à voir non plus avec le fait de déverser sa hargne et sa désespérance sur le premier bouc-émissaire venu, en s’auto-légitimant dans nos plan de destruction d’un ennemi juré que nous nous sommes choisi. Non l’authenticité radicale ce n’est pas ça, ce n’est pas le renversement de la polarité, l’inversement proportionnelle, la vengeance rationnalisée en justice personnelle.